Aller au contenu principal

← Retour au blog

Ashwagandha et thyroïde : ce que déconseille l'ANSES, et pourquoi

· par Équipe VEXTA

Ce que dit l'ANSES, exactement

L'ANSES a publié en 2024 une recommandation de prudence sur l'ashwagandha, après signalement de cas d'effets indésirables. Elle n'a pas interdit la plante : celle-ci reste commercialisable en France comme complément alimentaire.

Elle en déconseille en revanche explicitement la consommation à plusieurs profils, et la pathologie thyroïdienne figure en tête : Hashimoto, hyperthyroïdie, hypothyroïdie traitée. C'est un déconseil ciblé, pas une précaution générique de fin d'étiquette.

Pourquoi la thyroïde en particulier

L'ashwagandha est un adaptogène : il module l'axe HPA, la boucle hormonale du stress. Cet axe ne fonctionne pas isolément — il interagit avec l'axe thyroïdien.

Conséquence : la plante peut modifier la sensibilité à la lévothyroxine. Chez une personne dont le traitement est équilibré, un facteur qui déplace cet équilibre n'est pas anodin, même s'il agit dans le sens qui paraît souhaitable. Un dosage stabilisé après des mois d'ajustement peut devenir inadapté sans que rien ne le signale immédiatement.

C'est cette imprévisibilité, plus qu'une toxicité, qui fonde le déconseil.

La règle absolue si vous êtes traité

Ne modifiez jamais votre traitement thyroïdien de vous-même, ni pour compenser un effet ressenti, ni pour « faire de la place » à un complément. L'ajustement d'une lévothyroxine se fait sur bilan biologique, par le médecin qui l'a prescrite.

Si vous prenez déjà de l'ashwagandha et découvrez cette contre-indication, la conduite raisonnable est d'en parler à votre médecin ou votre pharmacien avant d'arrêter brutalement quoi que ce soit — l'arrêt aussi est un changement.

Les autres profils déconseillés

La thyroïde n'est pas le seul cas. L'ANSES et les autorités sanitaires européennes déconseillent également l'ashwagandha en cas de grossesse, d'allaitement ou de projet de conception — l'abstention est ici totale —, avant 18 ans, en cas de maladie auto-immune, et en cas de pathologie hépatique : quelques cas d'atteinte hépatique, généralement réversibles à l'arrêt, ont été rapportés dans la littérature internationale.

Côté médicaments, les interactions à considérer sont les antidépresseurs ISRS, IRSN et tricycliques, les traitements thyroïdiens, les anticoagulants, les antihypertenseurs, les sédatifs et les benzodiazépines.

Ces listes ne sont pas des avertissements de forme. Elles délimitent une plante dont l'effet documenté — une baisse du cortisol matinal de 14 à 27 % contre placebo en huit semaines, sur quatre essais randomisés — reste modeste au regard du risque qu'elle ferait courir à ces profils.

Sources

  1. Lopresti 2019 — Medicine (Baltimore) (n=60, 8 semaines, cortisol matinal)
  2. Salve 2019 — Cureus (KSM-66 250 vs 600 mg, n=60, 8 semaines)

Questions fréquentes

Non. L'ANSES déconseille explicitement la consommation aux personnes présentant une pathologie thyroïdienne, y compris une hypothyroïdie traitée. La plante module l'axe thyroïdien et peut modifier la sensibilité à la lévothyroxine, ce qui peut déséquilibrer un dosage stabilisé sans signal immédiat.

Aller plus loin

Si vous voulez comprendre les mécanismes derrière ces conseils, ces articles approfondissent la science.